Bien il bronze !!!
En fait l’ équipage n’ est qu au 2/3 puisque Myriam ne va pas tarder à embarquer.
Pendant ce temps, il a fallut réarmer le bateau, c’ est à dire remettre les voiles en place, remettre en route le moteur, faire une revision generale qui va du simple nettoyage jusqu’ à l’
installation definitive de l’ etai larguable afin d y installer des voiles de brise ou de gros temps, mais encore au changement du feux de mouillage qui cramait depuis trente ans en haut de son
mat par le soleil et qui est parti en poussiere lors de son demontage.
Il était temps aussi de faire une toilette des œuvres vives ( la partie sous l’ eau ) qui n avait pas vu l’ air depuis au moins 3 ans.
Tout ca a donné l’ occasion de faire quelques mini balades, la premiere était pour l’ essai de l etai larguable avec son foc de route arisable, ce qui nous a permis de faire une petite quinzaine
de miles avec une petite douzaine de nœuds de vent et a permis de voir que tout allait bien, et deux petits vomis de Atol qui redecouvrait son bateau en mouvement ( il y avait une legere houle
dehors )
Ensuite ca a été la descente sur la petite ville de Taliarte distante de seulement 10 nm ( soit deux heures et demi à l’ aller, pareil au retour ) pour aller carener et ce coup ci sans petit vomi
de Atol ( y a du progrès, si ca continue il va pouvoir peut etre prendre des quarts ou tout du moins commencer par grignotter quelques croquettes, chaque etape est importante... )
Le carenage était l’ occasion de faire escale dans ce petit port de peche, à la dynamique très canarienne :
Rendez vous sur le quai à 10h30, je me rends à l’ accueil, ou une toute petite bonne femme très charmante et serviable ( qui quand elle parle avec sa toute petite voix donne l’ impression qu’
elle a bouffée un ballon d’ helium ! ) dit qu’ ils mettent un bateau à l’ eau et c’ est à moi, selon le grutier, je suis dans les sangles une demi heure après.
12H00, Takarii est toujours en train de tirer ses amarres contre son quai qui renifle le poisson et le gasoil ( mais j’ aime bien cette ambiance, ca donne toujours l’ impression d etre un peu l
intrus dans le paysage des travailleurs de la mer ) , le grutier me dit qu’ on peut y aller ( ok… )
12H 15, Takarii est dans les sangles, ca brasse un peu la dedans avec la houle qui rentre un peu, mais ca va, ce sont les pechous aussi ici qui aident eventuellement a sortir un bateau, et
Takarii a le droit à quelques bonne pognes de pecheur pour le tenir en place dans sa darse.
12H30, le bateau a sa quille en l’ air, merde j’ ai oublié mes clopes…
Puis le grutier part chercher son karcher, va taper la discute avec un pecheur, revient, s’ apercoit qu il a oublié de prendre les clés pour le tuyau d’ eau, repart, cherche ses clés, les trouve,
revient installe son tuyau, merde, il a oublié la rallonge….. et repart….. pour revenir quelques minutes après, enfin après surement la fin de sa discussion avec le pecheur .
Ca y est il a tout, il commence….. et paf le tuyau qui pete !, repart chercher un autre tuyau, n’ en trouve pas, revient, repart chercher un couteau, coupe son tuyau et n’ arrive plus a le
reconnecter a son karcher…. Et repart !
Pour revenir quelques minutes après avec tout ce qu il faut, ouf !
Ca serai en France, tous les proprios de bateau feraient des bonds en l’ air, mais là, le type est vraiment sympa, et le scenario est assez rigolo…
Je le regarde bosser, jusque là tout va bien, déjà son tribord est plus propre maintenant … Quand il a finit son job, je fait le tour du bateau et là demi horreur : il a tellement voulu bien
faire les chose en m’ en virant un maximum de coquillage qu’ il a arraché par endroit non seulement la vielle couche d antifooling mais aussi une couche de la protection osmose ( ca va il y a en
encore une, sous forme de sorte de brai epoxy )……putain le con, la carene était « preparée regate » c’ est a dire bien lisse sans defaut, et là il ressemble plus à une carene de
pecheur !!!! et il reste des coquillages…bon c’ est pas grave non plus…
Il est un peu plus de 14 h, je peux enfin remettre le pied à bord et chercher mon briquet un bon moment pour m’ en allumer une, briquet qui était dans ma poche en fait….
Evidement, pas parti pour preparer une carene à la course, il a fallut faire avec, sortir, le papier à poncer, la cale a poncer et l huile de coude à defaut d’ une bonne ponceuse rotative…
Fin de journée, la carene est loin d etre parfaite, le relief est legerement atténué, je la referai nikel la prochaine fois avec plus de temps, car il est mercredi soir, et vendredi matin je
repars à l’ eau, et n’ ai pas envie de passer trop de temps au sec bien que cette ambiance port de peche est agreable.
La mauvaise surprise que j avais remarqué déjà a flot en carenant en plongee le bateau, c est l etat de l’ helice : en 9 mois, elle s est faite bouffé par l electrolyse ( phenomene
electrique dans l eau qui bouffe en premier les metaux mous )ce qui veut dire qu il y a eut un gros soucis electrique pas loin, soit sur un bateau, soit sur les bornes du quai, alors qu elle
était protegee par une anode qui se change normalement tous les ans …qui s est brisée puis tombé en miette dès que je l ai touchée. Il y a quelques crevasses pas tres profondes, mais il faut
faire quelques chose en attendant de la ramener en France la faire charger de metal ( vu les delais canariens, ca sera plus simple de la ramener d ou elle vient ). Operation faite à la pate epoxy
a prise rapide suivi d un bon poncage.
Elle a retrouvée une forme très correcte à present et ne presentera pas de soucis de solidité.
Le lendemain 8h, je suis assis devant mon pot de peinture en train de touiller mes 5 kg de ma melasse, cette carene est vraiment jolie à regarder, c est la premiere fois que je la vois au sec,
car on avait achete le bateau sans le sortir de l’ eau ( j avais juste barboté un bon moment a tout ausculter en apnée et n’ avait pas eut de raisons pour la sortir )
Au total 4 couches très fines appliquée dans la journée avec a chaque fois un petit temps d attente pour sechage ( rapide ici en plein soleil avec le thermometre qui monte à 29° et une
hygrometrie qui n’ est meme pas à 50%, plus une grosse supplémentaire à la flottaison, quille et safran.
Puis, etre au sec est enfin le moment de changer la derniere vanne des chiottes, je force d abord a la main en forcant bien…rien ne bouge, deux coups de marteau et « clic ! » elle
tourne !
Gratouillage du pas de vis du passe coque qui est en aussi bon etat que sa petite sœur juste à coté, essuyage, et en voila une neuve avec son coude neuf aussi, et qui ouvre completement et non à
moitié comme avant ( comme ca on ne sera plus obligé de faire des demi caca… ah ah ah ), le tout vissé et collé au sika, je n’ aime pas les trucs qui fuient, la deuxieme vanne aura droit aussi à
un demontage, nettoyage, graissage et remontage avec la meme procedure.
C’ est sur qu’ après ca, les redemonter sera une operation comando, mais ce n’ est pas grave, on n’ en change pas tous les jours !!!
Maintenant, entre ses vannes neuve, sa pompe neuve et meme comble du luxe un nouveau battant neuf trouvé dans une poubelle pendant l’ ARC ( car ce sont des pieces uniques faites que par son seul
fabricant, et donc cher… ), on ne se fera plus emmerder par des probleme des chiottes ( attention blaguounette … !!! )
Pendant ce temps là, Atol était fort occupé, il regardait d un œil très interressé les mouettes, les pigeons, faisait une petite sieste entre deux, reniflait les odeurs de poissons qui
debarquaient juste sous l’ étrave de Takarii ( donc sous son museau ), puis regardait aussi ses collegues chats.
Collegues chat qui m’ ont fait une frayeur, la premiere nuit, je dormais, quand je me suis fait reveillé par de petits pas sur le pont, ni une ni deux je me suis rappellé de la clocharde qui
avait voulu squatter la nuit sur le pont à Tenerife, je me suis sorti de la couette delicatement pour chercher mes lunettes, ne les ai pas trouvé, mais sur la table a carte, il y a vait ma grosse
pince etau, après tout, ca peut peut changer d une manivelle de winch pour taper quelqu un, d autant plus que je ne vois pas grand-chose sans mes lunettes, le temps de faire du boucan dans le
bateau en tapant du poing sous le roof et de regarder ce qu il se passe par la grille d aeration de la porte, prêt à sortir des que je vois quelque chose…et j ai pu distinguer deux matous partir
en trombe en empruntant surement comme à l aller l’ echelle………….rigolade une fois allumé les lumieres face à Atol assis sur la table du carré regardant son patron à poil, les cheveux hirsute,
avec son truc metalique dans la main !
Takarii est maintenant fin prêt à faire le Tour Du Monde, mais en attendant, il est prêt à faire une petite virée en Macaronesie puis le Maroc.
Ne cherchez pas la Macaronesie du coté de l’ Indonesie ou de la Polynesie, ce sont les iles Atlantiques comme les Acores, Madeire, Cap Vert, et ici ce qui nous concerne ce sont les Iles Canaries
ou il fait toujours 25°, ou l on peu laisser son bateau ouvert pour un courant d’ air, puis de dormir a une temperature agreable la nuit.
A bientôt !!!




Le mardi fut la bonne journée, en
fait, il y avait le lendemain selon la météo qui aurait ete bonne aussi, mais ne soyons pas trop joueur, la météo etant farceuse, autant prendre ce qu il y avait à prendre.... et on a encore pris
de la pétole....





cette photo de Almerimar, de Ousanousava, mais c est pour
illustrer



Sur cette photo, on voit Takarii ( au milieu, blanc a bande bleue ) et son paysage derriere.